The NeceMoon | June 2013

Municipales du Web : Quelques clarifications s'imposent

by necemon 28. June 2013 20:54

Suite à mon analyse sur les municipales du web, les organisateurs ont produit une réponse dans laquelle ils insistent sur le fait que leur pseudo-maire n'a aucun pouvoir sur personne et n'en aura jamais. Bien que le message soit quelque peu rassurant, plusieurs questions restaient posées par rapport à leur projet, notamment:

1. Est ce qu'il s'agit juste d'une parodie d'élections dans un contexte de divertissement, ou est ce qu'il s'agit de réellement élire des représentants pour les internautes du pays ?
Par exemple, quand ils déclarent dans leur réponse : "Il s’agit de donner la parole aux utilisateurs du web en Côte d’ivoire de désigner celui qu’ils auraient choisi comme porte-voix si le web était une ville réelle."
"qu'ils aurAIENT choisi...SI..."
: Au début c'était comme une blague, une condition "si", une parodie. Sommes nous toujours dans le conditionel "aurAIENT choisi...SI..."? ou alors prétend-il être en realité le porte-voix des utilisateurs du web en CI ? De TOUS les utilisateurs du web en CI ?

2. Comment doit-on comprendre le mot 'maire' ? A quoi ledit maire sert-il exactement ? Qu'est ce qu'il pourrait faire en étant maire qu'il ne pourrait pas faire en ne l'étant pas ? 

3. De qui est-il supposé être le maire ? A quoi s'étend sa "municipalité" ?
Est ce qu'il s'agit des quelques internautes qu'il connaît personnellement ? Serait ce plutôt ceux avec qui il est connecté sur les réseaux sociaux en ligne ? De TOUS les internautes du pays comme il le dit lui-même ? Ou seulement de ceux qui veulent se prêter au jeu, comme le suggèrent les organisateurs dans leur réponse ?

Aussi, ces organisateurs m'adressent des questions dans leur déclaration. Il semblerait que certaines parties de mon premier article n'aient pas été bien comprises, l'avertissement étant plutôt relatif à la suite du projet. J'avais bien mentionné "Pour le moment, il n'y a aucun pouvoir réel, pas de budget". Je n'affirmais pas que ledit maire avait déjà une autorité. D'ailleurs j'affirmais peu de choses dans cet article. Ce que je faisais, c'était surtout poser des questions et relever des ambiguïtés. 

Pour clarifier les choses, dans le texte qui suit, j'apporte des réponses aux questions qui me sont posées, puis je présente une synthèse de la situation basée sur les réactions des organisateurs par rapport à toutes ces amphibologies.

"Pourquoi tirer la sonnette d’alarme quand aucune action n’a jusque-là été posée tendant à imposer quoi que ce soit aux utilisateurs du web en CI? "
Mon article était un avertissement, un appel à la prudence par rapport au futur d'un projet qui me semble délicat. Mon article disait juste : "faisons attention à la suite ; il pourrait y avoir des dérives ou pas, mais dans tous les cas restons vigilants."
Par contre, il ne serait pas correct de dire que rien n'a été fait tendant à imposer quoi que ce soit aux utilisateurs. Il y a eu des déclarations, dans la presse et en ligne, qu'on pourrait qualifier de graves. Je vais juste prendre l'exemple du pseudo-web-maire qui déclare sur la toile et sur les antennes (inter)nationales qu'il a été élu par la majorité des internautes ivoiriens, c'est tout simplement un mensonge sur lequel je ne reviendrai pas outre mesure.
Mais il déclare aussi qu'il est le web-maire de TOUS les ivoiriens. C'est seulement là que j'ai quelque chose à dire, parce que pour ce qui me concerne je n'ai pas de web-maire et je n'en ai pas besoin. J'estime qu'il est inapproprié qu'un individu tende ainsi à s'imposer comme notre représentant, nous la grande majorité des internautes qui n'avons rien à voir avec cette parodie.
Je pense donc qu'il y a lieu d'être vigilant par rapport à certaines confusions dans ce genre. Rien de méchant. Juste un avertissement. Faisons attention à la suite. C'est tout.

"Quand aucune peine n’a été prise pour s’informer et juger des intentions réelles des initiateurs et du maire? Nos intentions sont pures, pour peu que l’on ait pris le temps d’en discuter avec nous"
Pour écrire cet article, je m'étais basé :
- d'une part sur les déclarations publiques dudit maire et de quelques-uns de ses conseillers municipaux. Je n'avais pas jugé nécessaire d'interroger d'autres membres du projet, car j'avais supposé une certaine cohésion entre les organisateurs et leur conseil municipal.
- d'autre part, sur les observations/opinions de certains contacts qui sont sur place et qui ont suivi les évènements, pour avoir une idée de comment les choses sont comprises par les uns et les autres. Je ne détaillerai pas les différents avis ici, je dirais juste que l'ambiguïté plane, comme en témoignent les commentaires à propos de mon article.
En effet, il ne s'agit pas que des intentions réelles, le message véhiculé a aussi son importance.

"Necemon parle des associations déjà présentes sur la scène web ivoirienne. Devons-nous rappeler que ces associations sont des initiatives venant d’une personne ou d’un groupe et que le reste de la communauté y adhère librement?"
Inutile de le rappeler parce que je n'ai jamais dit le contraire. J'approuve que c'est mieux si chaque initiative privée et libre se présente comme telle, et non comme une institution à l'échelle nationale. Ce que j'ai dit sur les associations déjà présentes est assez précis :
"Il y a déjà plusieurs projets et associations dans ce sens tels que Akendewa, Les amis du Numérique, etc. Si rien de tout ça ne suffit et qu'il faut s'organiser en un groupe pour créer une structure, ce serait bien d'en définir clairement la nature et les intentions (sans ambiguïté): une ONG, une association, un syndicat, une startup, etc."
Il n'y a rien de mal à créer une organisation pour défendre certaines valeurs mais il y a une manière de le faire. Aucune des autres initiatives privées ne prétend avoir un maire qui représente toute une Nation.
Chacun est libre de faire tout ce qu'il veut, mais en respectant aussi la liberté des autres, dont la liberté de ne pas avoir de web-maire.

"Devons-nous rappeler qu’aucune personne n’a été obligée de voter? Que certaines associations (Akendewa notamment) ont plébiscité le maire dès son élection?"
Je ne comprends pas ce que ces deux questions ont à voir avec mon article.

"Nous voulons apporter notre pierre à l’édifice."
Je réalise que les organisateurs sont des entrepreneurs talentueux et travailleurs qui veulent utiliser leurs compétences pour régler des problèmes et créer de la valeur. Mais c'est leur approche de ce projet en particulier qui pourrait être un jeu dangereux de par son potentiel à entrainer des confusions, voire des déviations. Ils ont le droit de continuer à jouer - s'ils le veulent, mais en définissant clairement les règles du jeu, les limites du jeu et les implications sur ceux qui sont potentiellement affectés.

C'est dans ce sens que j'ai interrogé les organisateurs par rapport aux ambiguïtés citées plus haut. Suite à nos échanges directs, je note quelques points importants à retenir, que je résume ainsi :

1. Ce projet n'est pas qu'une simple parodie d'élections dans l'intention de divertir. C'est aussi une initiative qui tend à résoudre les problèmes d'un groupe social à l'instar des ONGs.

2. Il n'y a rien que le pseudo-maire puisse faire en étant maire qu'il ne pourrait pas faire en étant pas maire. Le terme 'maire' avait été utilisé pour indiquer qu'il avait été élu par quelques personnes dans le contexte d'une parodie. Hors de ce contexte, Il n'a aucun attribut d'un maire.

3. Le pseudo-maire pourrait seulement être le porte-voix de ces quelques personnes qui sont disposées à jouer le jeu. Il ne représente pas tous les internautes ivoiriens.

Je n'ai rien à ajouter.

N.

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4 importantes révélations qui pourraient certainement accélérer la révolution éducative en Afrique (suite)

by necemon 22. June 2013 08:58

3. l'apprentissage se fait mieux lorsqu'on est engagé dans des activites qu'on apprécie

Ce que j'ai le plus apprecié dans la formation Occidentale, c'est la liberté, les étudiants libres de choisir les matières qu'ils préfèrent et laisser les options qu'ils n'aiment pas. Peu de choses imposées du moment ou chacun peut prendre assez de crédits à travers certaines classes.

Le plus grand avantage c'est que les étudiants sont motivés pour travailler puisqu'ils font des choses qu'ils veulent vraiment faire, par opposition à certains systèmes ou les étudiants sont obligés de faire toutes les matières au programme, qu'ils aiment ou pas. En les obligeant à apprendre des choses qui ne les intéressent pas, ils les oublieront probablement après les examens de toute façon.

Par ailleurs, les recherches montrent que ceux qui trouvent la réponse eux mêmes la retiennent mieux que ceux à qui on dit la réponse. Ce que les écoles devraient faire idéalement, c'est donner l'envie aux enfants de s'y mettre, créer un environnement ou les enfants, poussés par leur curiosité, solvent des problèmes intéressants, et qu'ils ne mémorisent pas simplement la réponse aux problèmes qui ont déjà été résolus.

Ceci peut sembler irréaliste par rapport à certains systèmes en place mais...

 

4. Ce n'est pas parce que certaines choses se faisaient d'une certaine facon par le passé qu'on doit forcement continuer ainsi

Les origines du système éducatif traditionnel viennent de l'armée. Ils avaient besoin de gens identiques, des soldats, des administrateurs, etc. Donc ils ont produit un tel système. Quand il y a eu la révolution industrielle aussi, il fallait des gens conformes à une certaine norme dans les usines et chaînes de montages.

Si on observe le système éducatif de cette manière, si on note le fait qu'on "traite" 30 voire 40 enfants à la fois, en un lot, ou on essaie de maintenir une évolution commune pour tout le groupe, avec souvent pour effet que la moitié de la classe trouve les cours trop difficiles pendant que l'autre moitie s'ennuie.

Comme dans une usine : si tu échoues au BEPC ou au BAC qu'est ce qu'on fait ?  On te retient et on te "re-traite", à l'instar de la production en usine. Et cette méthode était très utile dans le contexte traditionel, mais il n y a plus de pénurie d'ouvriers d'usine (au contraire, il y a le chomage dans certaines industries).

On prend tous ces enfants et on leur impose de s'adapter à cette bureaucratie vraiment complexe alors qu'en fait c'est le système qui doit s'adapter a eux !

Quand un enfant ne s'adapte pas au système, on lui met la pression, comme s'il y avait quelque chose qui clochait chez lui. Mais en fait, le système est là pour les enfants, pas l'inverse...

 

Peut être que les choses vont changer dans le futur proche, peut être pas. Dans tous les cas, personne ne dit que ce sera facile. Il y aura des difficultés, des obstacles, mais les révolutions détruisent le parfait pour permettre l'impossible.

 

<< Lire la première partie

 

Inspiré de présentations par Sugata Mitra et Seth Godin

Crédit image : StockImages

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4 importantes révélations qui pourraient certainement accélérer la révolution éducative en Afrique

by necemon 21. June 2013 07:32

Quand on parle de formations académiques, une expression qui est à la mode c'est de dire que le système éducatif en place est défectueux — le système actuel n'est pas défectueux, il est construit de manière formidable. C'est juste qu'on en a plus besoin, il est obsolète. — Sugata Mitra

Ok, je ne peux pas parler pour tout le monde, mais pour ce que j'ai pu voir en Afrique de l'Ouest et en Inde, voici quelques hypothèses à considérer :

 

1. L'accumulation de données dans la tête est souvent inutile

Il s'agit souvent d'assister a des cours toute la journée, tous les jours et de retenir une énorme quantité d'information. On force les élèves et étudiants à avaler des informations dont ils n'ont pas besoin en supposant qu'ils pourraient en avoir besoin un jour. La vérité est qu'ils pourraient ne jamais en avoir besoin.

Il ya des personnes qui peuvent facilement rester assis pendant 8 heures chaque jour, prendre des notes et 2 semaines plus tard, réciter tout ce qu'ils ont mémorisé. Mais il ya aussi cette énorme population de personnes très talentueuses qui ne peuvent pas apprendre de cette manière, d'autant plus que l'information est facilement accessible s'ils en ont besoin...

Comme explique Sugata Mitra, tu n'as pas besoin de mémoriser quoi que ce soit. Tu peux trouver l'information au moment ou tu en as besoin. Le rôle de l'enseignant c'est surtout d'orienter les jeunes esprits vers les bonnes questions, pas nécessairement de donner les réponses, vu que les réponses sont partout.

 

2. L'information est partout, il suffit d'être connecté

Il suffit d'être connecté, ton cerveau peut accepter/donner des contributions à distance. C'est vrai que la valeur de tes idées est limitée quand tu es isolé mais il ya un grand espoir : ou que j'aille, même si c'est dans un village ou en pleine savane, la toute première chose que je demande ou que je vérifie, c'est, est ce que j'ai le réseau qui pourrait me donner un peu de connexion GPRS ou quelque chose d'equivalent? Et au beau milieu des jungles, je vois que des fois c'est écrit "connecté". Et je sais alors que tout ce que j'exprime peut aller partout et fonctionner exactement de la même façon. C'est juste une question de temps...

Lois Mbugua, Customer Project Manager chez Ericsson Kenya, précise que la connectivité consiste surtout à s'ouvrir au monde. En connectant un village, ses élèves peuvent communiquer avec d'autres élèves et professeurs à travers le monde.

Sa collègue Margaret Kositany ajoute que, avant l'education était limitée à ce que l'instituteur pouvait dire aux élèves en se basant sur quelques bouquins. Mais maintenant les élèves ont accès à beaucoup plus d'informations.

En fait il ya une grande différence entre l'accès a la formation et l'école. Avant c'était la même chose, maintenant la formation est disponible en ligne pour tous.
Si on prend par exemple le cas de Coursera, une entreprise numérique proposant des cours en ligne ouverts et massifs. Selon Daphne Koller, co-fondatrice, l'idée est de permettre aux meilleures universités du monde de mettre leurs cours en ligne, de facon a ce que quiconque ayant une connexion Internet puisse accéder gratuitement a une bonne formation : « consacrer à mettre le meilleur enseignement au monde gratuitement à la disposition de toute personne qui le recherche. » 

Coursera fournit des cours sur l'informatique, la médecine et la biologie, les sciences sociales et humaines, les mathématiques et les statistiques, l'économie et la finance.

Plus de 200 cours sont actuellement disponibles. L'ajout de cours de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (programmation et mathématiques) et le l'Université de Genève (théologie) en français rend Coursera accessible aux francophones.

L'information étant disponible à toute personne connectée, ça veut dire que si on donne l'accès à des enfants de 10-12 ans, ils vont acquérir la connaissance s'ils le veulent — déduit Seth Godin.

Cela ne marcherait pas si bien avec des thèmes qui ne les interessent pas parce que...




Crédit image : Karen Kakou

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Gamification : 5 concepts décalés que les écoles ivoiriennes pourraient vraiment utiliser (suite)

by necemon 18. June 2013 08:27

 

4. Motivateurs externes

 

C'est quoi ça ?

En Cote d'Ivoire, il n y a pas assez d'enseignants et il n y a pas assez d'heures de cours par jour pour apprendre aux enfants TOUT ce qu'ils doivent savoir. C'est pour ça qu'on a besoin que les enfants restent intéressés et continuent eux-mêmes d'apprendre volontairement, même apres avoir quitté la salle de classe.

Il ya une solution qui ne coute virtuellement rien : les jeux en realité alternée

Un jeu en réalité alternée (Alternate Reality Game - ARG) est un jeu multimédia, qui de manière délibérée entretient le flou entre les expériences perçues lors du jeu et hors du jeu.

Fictions immersives qui brouillent les frontières entre le monde réel et imaginaire, se déploient à la fois en ligne et dans la vraie vie, se propagent par tous les canaux : chasses aux trésors dans la ville, textos, affiches, e-mails, sites Internet, etc.
(Marie Lechner - Libération)

Plus qu'un jeu de devinette, les ARG sont avant tout une nouvelle manière de raconter des histoires. Ce sont des fictions qui se jouent dans la vie réelle, au lieu d'être confinées dans les pages d'un livre ou sur les images d'un l'écran. Les joueurs peuvent voir l'intrigue éclore et se déployer en temps réel. C'est une expérience interactive beaucoup plus riche et amusante.
(Adrian Hon - Puppetmaster)

Fondamentalement, il s'agit de la rencontre entre une chasse au trésor en grandeur nature sous la forme d'un jeu de piste, impliquant le déroulement interactif d'une histoire, et une communauté de joueurs (en l'occurence d'élèves ou d'étudiants).

 

Pourquoi c'est cool ?

On peut utiliser l'information qu'on veut que les élèves apprennent comme clés pour débloquer le jeu qui suit. Et en cherchant cette information, ils vont forcément apprendre plein d'autres choses au passage. Et si c'est intéressant, ils pourraient même se réunir après l'école pour continuer la chasse au trésor.

 

 

5. Liaisons inattendues

 

C'est quoi ça ?

Le jeu précédent est bien mais ça demande beaucoup de temps d'organisation... Pour ceux qui veulent quelque chose de plus simple, il y a un jeu de recherche ou il s'agit de choisir 2 mots au hasard mais qui n'ont rien en commun a priori, 2 concepts aléatoires mais interessants, et trouver la connection entre eux.

Par exemple : Abidjan et Paypal.

Chacun trouve une série de liens qui mène d'un thème à l'autre.

Le jeu marche bien avec wikipedia. Il ne s'agit pas juste de scanner des liens mais aussi décrire la connexion entre ces liens. Tous les élèves qui réussissent gagnent des points XP mais le gagnant est celui qui réussi a faire la connexion en utilisant le moins de liens possibles, ce dernier obtient bien sur des points XP en bonus.

 

Pourquoi c'est cool ?

Cet exercise encourage la curiosité et permets aux élèves de croiser des informations qu'ils n'auraient pas examiné autrement.

Et les inciter à prendre le chemin le plus court, c'est leur donner des motivations de retourner vers l'information, d'y reflechir, d'explorer de nouvelles directions qui dérivent de cette information.

Mais ce qui est encore plus important, cet exercice leur entraine à étudier la connexion entre informations, c'est à dire comment les idées sont liées, ce qui est une compétence vitale, meme pour les adultes, c'est important de contextualiser ses connaissances et de comprendre l'importance de certains sujets qui ne les interessent pas directement.

 

Donc pour notre exemple, si on veut trouver la relation entre Abidjan et PayPal:

Abidjan => Politique => Libertariasme => Paypal

(fr.wikipedia.org/wiki/Abidjan => fr.wikipedia.org/wiki/Politique => fr.wikipedia.org/wiki/Libertarianisme => fr.wikipedia.org/wiki/PayPal)

 

Essaies de faire mieux que ça...

 

<< Lire la première partie

 

 

Inspiré d'une présentation de Extra Credits

Crédit image : Africa

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Gamification : 5 concepts décalés que les écoles ivoiriennes pourraient vraiment utiliser

by necemon 17. June 2013 19:43

 

La gamification (ou ludification) est le transfert des mécanismes du jeu dans d’autres domaines, en particulier des sites web, des situations d'apprentissage, des situations de travail ou des réseaux sociaux. Son objectif est d’augmenter l’acceptabilité et l’usage de ces applications en s’appuyant sur la prédisposition humaine au jeu.

Cette technique de conception permet d’obtenir des personnes des comportements que l’on pourrait considérer sans intérêt ou que l’on ne voudrait ordinairement pas faire : remplir un questionnaire, acheter un produit, regarder des publicités ou dans notre cas actuel : assimiler des informations.

Du coup, en appliquant ces techniques inspirées de jeu vidéo à nos salles de classe, les cours peuvent devenir beaucoup plus intéressants :

 

1. Système d'évaluation progressif

 

C'est quoi ça ?

Avouons qu'en ce moment, le système éducatif en Cote d'Ivoire (et dans d'autres pays d'ailleurs) est plutot démotivationel. 

Dès la rentrée, et en commencant les premiers devoirs, l'élève ambitieux se voit avec un 20/20, mais de là, la seule direction possible c'est la réduction de ses points, en fonction de ses erreurs. S'il est vraiment très bon, il pourrait rester proche du 20 de moyenne, sinon en général sa moyenne baisse à chacune de ses erreurs.

Il y a comme une boucle de rétroaction qui encourage l'échec : quand tu as une mauvaise note, tu as moins envie d'étudier, donc tu étudies moins, donc tu as plus de mauvaises notes, et ainsi de suite. En gros, plus tu échoues, plus tu échoues.

Alors que dans les jeux, on apprend que le progrès encourage le progrès et que le désir d'être efficace est un motivateur beaucoup plus fort que la peur d'echouer.

On pourrait donc évaluer les élèves comme dans un jeu video, ainsi les devoirs auraient une valeur de points d'expérience (XP), et si tous les élèves commencent avec 0xp, et ils gagnent des points au fur et à mesure qu'ils trouvent des réponses, font des devoirs, et progressent ainsi de level en level (niveau).

Dans ce cas, chaque devoir ou examen à l'air d'être une récompense, plutot qu'une punition décourageante.

 

Pourquoi c'est cool ?

C'est beaucoup plus marrant de gagner des choses que d'en perdre. En plus cette méthodologie ne mène jamais les élèves à un point ou ils sentent qu'ils doivent abandonner.

La bonne nouvelle c'est qu'il n'est même pas nécessaire de changer la façon dont on calcule déjà les moyennes des classes. Toujours le même nombre total de points, à diviser par le même nombre de tests.

Par exemple s'il ya 5 devoirs sur 20, ça fait 100 points. Au lieu de partir de 100 points et perdre des points avec des erreurs, on se mets dans une logique ou chacun a 0 points, et en fonction de sa performance à chaque devoir, on lui rajoute quelques points : +10, +5, +15, etc. Ainsi l'élève ne fait que monter et non descendre.

 

 

2. Bonus global

 

C'est quoi ça ?

Pour étendre le système d'évaluation décrit précedemment, on peut même ajouter des bonus globaux, par exemple si l'un des élèves atteind 200 points, toute la classe obtient un bonus de 10 points. Ou alors si 5 élèves atteignent 100 points, toute la classe obtient +2xp ou un gateau au chocolat.

 

Pourquoi c'est cool ?

Ce genre de système de récompense encourage la solidarité entre les élèves et encourage les meilleurs éleves à aider leurs camarades.

 

 

3. Sens du pouvoir

 

C'est quoi ça ?

L'un des gros problèmes dans le systeme éducatif, c'est de s'occuper d'enfants qui ne sentent pas que leurs actions ont une portée sur leur propre vie. Sentir qu'on a un impact, c'est sentir qu'on controle sa propre destinée, que ses choix font une différence.

Les élèves qui n'ont pas ce sentiment d'impact trouvent qu'ils n'ont aucun pouvoir sur les choix que leurs parents font par rapport à leurs etudes. Sans ce sentiment d'impact, c'est presqu'impossible de se sentir motivé. Au lieu de prendre des décisions par rapport au futur, on se contente de subir les évenements de la vie sans avoir d'objectifs sur le long terme.

Le sens du pouvoir est un peu comme une balance : plus tu sens que tu as de l'impact dans ta vie, plus tu travailles dur, plus tu es prêt à t'engager dans des taches ambitieuses.

 

Pourquoi c'est cool ?

En fait, les personnes qui ont ce sens de pouvoir sont plus résistantes en face de forces exterieures en dehors de leur controle qui gachent leurs plans. Plus facilement, elles s'adaptent, surpassent les obstacles et continuent vers leurs objectifs.

Et comment amplifier ce sens de pouvoir ? A travers des jeux, bien sur. Des jeux qui propagent l'idée que tu controles le futur. Dans les jeux, le cycle entre choix et résultats est généralement beaucoup plus court que dans la vraie vie (et aussi beaucoup mieux indiqué).

Dans les jeux, le joueur essaie quelque chose, il échoue; il essaie quelque chose d'autre, il échoue encore, il continue de prendre de nouvelles decisions jusqu'à ce qu'il reussisse.

Les jeux apprennent que différents choix ont différent résultats et que chacun contrôle les choix qu'il fait. L'implication philosophique est que la vie n'est pas simplement une série de choses qui t'arrivent.




Inspiré d'une présentation de Extra Credits

Crédit image : imagerymajestic


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WARNING : Web Municipality And Community Freedom

by necemon 8. June 2013 14:23

 

This is just a warning with respect to the recent 'web municipal elections'(!) in Ivory Coast.

 

Revisiting the facts

It all started like a joke, there was even an agama reptile among the candidates (obviously a fictive character).

The initial idea seems to be some elections parody, some way of showing that technology and its users were able to come up with peaceful, transparent elections.

The project appears online a couple of months back, then follow some online promotion through Facebook and Twitter and a few weeks later, about 500 people take part to the alleged virtual election.

A few local and international blogs relay the story, it all suddenly gets serious, there's even an investiture ceremony(!), the Ivorian Web population(?) would purportedly be having a mayor...

The parody assumes a new form, and with baby steps, some projects of taking over responsibilities and placing regulations are starting to raise...

 

A couple of definitions

First off, it's important to understand what this is about.

What's a mayor ? A mayor is the highest-ranking officer in the municipal government of a town or a large urban city. He is the Chief Executive Officer of the municipality. He represents the municipal AUTHORITY. He holds the EXECUTIVE POWER at city level.

Because it's not enough anymore to create project and improve the users condition as entrepreneurs do. It's not enough anymore to communicate ideas like bloggers do. No, It's not enough to sell products and services online as e-marketers, now it's about try to control how things should work ? To control whom ?

Politics : The art or science of influencing other people on a civic or individual level. It refers to achieving and exercising positions of governance — organized control over a human community, particularly a state. A variety of methods is employed in politics, which include promoting its own political views among people, negotiation with other political subjects, making laws, and exercising force.

 

Based on those two definitions, the idea of an apolitical mayor doesn't make much sense. But we will get back to that soon enough.

 

Analysing the current context based on analogies

A couple of start-ups (small private companies) decide on their own to launch some elections in order to appoint a mayor within their web community. The community part itself is ambiguous. Is it just the Internet users they personally know ? Or everyone they are connected to online ? Or is it about all the Internet users throughout the whole country ? Anyway, the project 300 Facebook fans and 13 Twitter followers don't really suggest that the whole country was feeling concerned about this election thing (I am just saying).

The analogy between the Web and a city doesn't work too well in this case because the web represents freedom, among other things it's a more or less neutral platform where everyone can express themselves.

The analogy that work best here would be a comparison with a beauty pageant:

-managed by a private/autonomous organization

-winner selected based on some physical/intellectual attributes

-the audience being made up of only those who decided to join the game

-prizewinners try to make good deeds, but they don't try to exercise any power against the audience (and certainly not against those who have nothing to do with the contest)

To be fair, laureates of beauty pageants would generally have more impact as the important prize they win would give them the opportunity to do so. Also their title could be endorsed by their local authorities. But those are just details and the comparison works well for the most part.

 

Analysing the concept itself

I don't know the individual in person. I don't know whether he's motivated by a quest for domination, by the buzz effect or if he is still in the initial parody logic, but whatever. That's not the point. The concern is the idea of having a pseudo-web-mayor to begin with. Is it really something that the (Ivorian) Web community need ?

So far, there's no actual power, no budget, just intentions. But, over time, this project could reach a bigger scale, and even involve some influential people or groups trying to acquire more control.

No, wait, as a matter of fact, it has already started :

"Likely to happen in the coming weeks : a web charter signed by all these local actors..."

Who exactly is going to sign that charter ? Who are those actors who deserve to decide how the rest of the population should or should not use the Internet ? While there are places where some fight for their own freedom, is it the opposite in CIV with some Internet users working at reducing the freedom of other Internet users ?

Just as reminder, this is the definition of 'charter' : a document outlining the principles, rules, functions, and organization of a corporate or political body.

More rules ? More laws about the ways one can navigate the Internet in the country ? Is that really what we need ?

I am not saying everything in the country Internet ecosystem is already perfect. Actually, a lot of things could be done.

- People making efforts, doing research to improve things, that's good.

- Raising ressources, capitals, skills could boost the preparation, launch and management of different projets.

- Entrepreneurs with various skillsets launching projets to solve issues and to create value, that's great too.

But what exactly is the use of creating another form of authority as an attempt to control others ? How does it benefit the community as a whole ?

 

If some people feel like creating a syndicate with their own charter, they can - if they want. But that wouldn't give them the right to speak on behalf of a whole country. If the Ivorian Web community is made up of all the Ivorian people on the web, then it's not just the 534 people who took par to that vote. There are MORE than 20 millions people (20 000 000) living in The Ivory Coast, and each of them is a potential Internet user (many don't have access to the Internet yet, but it's just a matter of time). Many of these people are adults, educated or both. Therefore, those are people to be taken seriously. Additionally, there's also the diaspora.

 

Conclusion

This is just about being careful relatively to the next direction of that project. If everyone could keep on doing whatever they want to do without invading anyone else freedom, that would be great.

Maybe as an individual, my personal opinion doesn't matter, but beyond the 150 Internet users who endorsed this vote, the question is, out of the 20+ millions potential internet users in the country or attached to the country, how many don't want/need such an authority?

We are Legion.

 

Further clarifications >>

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AVERTISSEMENT : Municipales du Web Et Liberté De La Communauté

by necemon 8. June 2013 13:24

 

Ceci est juste un avertissement par rapport aux 'récentes élections municipales du web'(!) en Cote d'Ivoire.

 

Retour sur les faits

Tout a commencé un peu comme une blague qui a même accepté la candidature d'un margouillat (personnage caricatural, bien évidemment).

L'idée de départ semblait être une parodie d'élections, comme pour montrer qu'avec la technologie et ses utilisateurs/utilisatrices, c'était possible d'organiser des élections pacifiques et transparentes.

Le projet apparaît en ligne il ya quelques mois, puis s'ensuit une promotion en ligne sur Facebook et Twitter, et quelques semaines plus tard, lesdites élections virtuelles sont organisées, environ 500 personnes participent.

Plusieurs blogs locaux et internationaux relaient l'information, ça devient sérieux du coup, on organise même une cérémonie d'investiture(!), le Web Ivoirien(?) aurait un maire...

La parodie prend une autre tournure et il semble qu'à petits pas, se développent des projets pour s'imposer, prendre les choses en main...

 

Quelques définitions

Tout d'abord, il est important de comprendre de quoi on parle ici.

- Qu'est ce qu'un maire? Le maire représente l'AUTORITE municipale. Il est le détenteur du POUVOIR EXECUTIF au niveau d'une ville ou d'un village.

Parce que ça ne suffit plus de créer des projets pour améliorer les conditions des internautes, tels des entrepreneurs. Non, ça ne suffit plus de communiquer des idées tels des blogueurs, ni de vendre des produits et services en ligne tels des e-commerciaux. Maintenant il faut chercher à contrôler comment les choses doivent se passer? Mais contrôler qui exactement ?

- Politique:  la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. L'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir.

 

Compte tenu de ces deux définitions, c'est un peu absurde, un maire complètement apolitique. Mais on y reviendra.

 

Analyse du contexte actuel avec des analogies

Une ou deux start-ups (petites entreprises privées) décident (indépendamment de toute autorité) de lancer des élections pour mandater un maire dans leur communauté web. Déjà quand on parle de communauté, il ya une ambiguïté. Est ce qu'il s'agit des quelques internautes qu'ils connaissent personnellement ? Serait ce plutôt ceux avec qui ils sont connectés sur les réseaux sociaux en ligne ? Ou alors l'ensemble de tous les internautes de tout le pays ? Bref, les 300 fans (facebook) et 13 followers (Twitter) sur les comptes du dit projet ne suggèrent pas vraiment que tout le pays se sentait concerné par ces elections (just saying).

L'analogie entre le web et une ville ne marche pas vraiment dans ce cas, surtout parce que le web symbolise la liberté, entre autres un espace plus ou moins neutre ou chacun peut s'exprimer.

L'analogie qui marcherait le mieux ici, ce serait la comparaison avec un concours de beauté (a.k.a., Election Miss):

- géré par une organisation privée/autonome

- laureats choisis compte tenu de certains attributs physiques/intellectuels

- l'audience est constituée de ceux qui ont accepté de se prêter au jeu, et ne représente pas nécessairement toute une population

- Les lauréats essaient de poser de bonnes actions tout au long de leur mandat, sans tenter de s'imposer aux spectateurs (et certainement pas à ceux qui n'ont rien à voir avec l'élection)

Les lauréats d'élection Miss ont généralement plus d'impact de par leur prix remportés, et leur titre est reconnu à l'échelle de leur ville/pays par les autorités compétentes. Mais ce sont des détails, et à part ça la comparaison marche plutôt bien.

 

Analyse du concept en lui-même

 

Je ne connais pas personnellement l'individu. Je ne sais pas s'il est motivé par la quête de domination, par l'effet de buzz, ou s'il est toujours dans l'esprit de parodie de départ. Mais peu importe, ce n'est pas ça la question. La question porte sur le fait même d'avoir un pseudo-web-maire d'abord. Le Web (Ivoirien) en a t il vraiment besoin ?

Pour le moment, il n'y aucun pouvoir réel, pas de budget, juste des intentions. Mais avec le temps, ce projet pourrait prendre de l'ampleur, voire impliquer des personnes et des groupes plus influents, cherchant à acquérir plus de contrôle.

D'ailleurs, ça commence déjà :

 

"Une charte du web signée par tous ces acteurs locaux en vue..."

 

Une charte signée par qui exactement ? Qui sont ces acteurs qui méritent de décider comment le reste de la population doit ou ne doit pas utiliser l'Internet ? Pendant que dans d'autres pays certains se battent pour leur liberté, en CIV, il ya des internautes qui travaillent a réduire la liberté d'autres internautes?

Pour rappel, la définition de 'charte' : Ecrit solennel contenant les règles, les lois fondamentales d'un organisme. 

Encore plus de règles ? Plus de lois sur la façon dont on peut naviguer le Net dans le pays ? Est ce vraiment ce dont on a besoin ?

Je ne dis pas que tout est déjà parfait dans l'écosystème Internet du pays. Il ya beaucoup de choses qui pourraient être faites.

- Des gens qui font des efforts, des recherches pour améliorer les choses, c'est bien.

- Réunir des ressources, des capitaux, des expertises, ça booste la préparation, le lancement et le déroulement des différents projets.

- Des entrepreneurs aux compétences variées qui lancent des projets pour régler des problèmes et créer de la valeur, c'est très bien aussi.

Mais créer une autre forme d'autorité politique pour contrôler les autres, a quoi ça sert exactement ? Quels avantages pour l'ensemble de la communauté ?

 

Si certaines personnes ont envie de créer un syndicat avec une charte qui leur est propre, elles peuvent le faire - si elles le veulent. Mais cela ne leur donnerait pas le droit de parler au nom de tout un pays. Si Le Web Ivoirien, c'est l'ensemble des ivoiriens sur le web, alors ce ne sont pas que les 534 personnes qui ont participé a ce vote. Il ya PLUS de 20 millions de personnes (20 000 000) qui vivent en Cote d'Ivoire et chacune de ses personnes est un(e) potentiel(le) internaute (pour ceux qui n'utilisent pas encore internet, c'est essentiellement une question de temps). Beaucoup de ces personnes sont adultes, éduquées ou les deux. Donc des personnes à prendre au sérieux. En plus, il faut aussi compter la diaspora.

 

Conclusion

Il faut juste faire attention à la direction de ce projet. Si chacun(e) pouvait continuer à faire ce qu'il/elle veut sans empiéter sur la liberté des autres, ce serait super.

Peut être que mon avis en tant d'individu importe peu, mais au delà des quelques 150 internautes qui approuvent ce vote, la question c'est, sur les 20+ millions de (potentiels) utilisateurs d'Internet qu'il ya dans le pays ou qui y sont attachés, combien n'ont ni envie, ni besoin d'être sous une telle autorité?

Nous sommes Légion.

 

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