The NeceMoon | Redynamisation : Kpakpatoya 2.0 en tant que plateforme interactive

Redynamisation : Kpakpatoya 2.0 en tant que plateforme interactive

by necemon 24. December 2014 15:20

 

1.     Introduction

Kpakpatoya est un catalogue de ce qui est nouveau, populaire et intéressant en ligne avec un accent particulier sur l'Afrique. Les utilisateurs peuvent publier du contenu, commenter et décider à travers des votes de ce qui est bon (kiffs) et ce qui est nul (zaps). Les liens qui reçoivent l'approbation de la majorité progressent vers le sommet, ainsi la page d'accueil serait constamment en mouvement, avec plein de liens frais et intéressants. Kpakpatoya fait partie de Evasium Network.

"Kpakpatoya" est un terme tiré de l'argot ivoirien qui désigne l'action de rapporter, relayer des histoires, des nouvelles, des potins, voire de favoriser la circulation de commérages et de rumeurs. Dans notre contexte, il serait donc plus approprié de comprendre "Kpakpatoya" dans le sens de scoops, de révélations insolites, et même d'actualités captivantes.


2.     Contexte Historique 

Retour en Avril 2011. La Côte d’Ivoire est alors en train de sortir d’une crise majeure, crise au cours de laquelle les technologies de l’information et de la communication ont joué un rôle important quand il s’agissait d’apporter une assistance pratique aux victimes collatérales de la crise ivoirienne. Au-delà de simples mots, les hashtags tels que #CIV2010 et #CIVSocial permettaient de faire circuler des informations critiques et d'apporter des solutions concrètes auxdites victimes. À travers des dons, des call-centers et surtout Twitter, qui se présente alors comme l’outil idéal pour la circulation d’informations en temps réel, voir urgentes.

La communauté ivoirienne sur Twitter est alors en plein essor, avec de plus en plus d’inscriptions, de tweets et de contributions. Mais cette communauté était toujours relativement faible en termes de nombre. Pour un si petit groupe sur Twitter, comment se retrouver, et échanger autour de thèmes communs ? Encore les #Hashtags, bien sûr… Sur les réseaux sociaux, le hashtag est un mot ou ensemble de mots précédé du symbole '#'. Le hashtag sert à centraliser les messages autour d'un terme bien précis. Il fait office de mot-clé pour que les utilisateurs puissent commenter / suivre une conversation ou se retrouver autour d'un sujet, par exemple les mesures de ravitaillement en temps de crise ou encore les urgences médicales.

Mais dans cette période d’après-guerre, place à des tags moins sinistres. #Kpakpatoya tombait à pic pour permettre à cette petite communauté de se retrouver dans une ambiance qu’on pourrait qualifier de « cool ». C’était le tag que ces « influenceurs » et « pionniers » ivoiriens sur Twitter utilisaient pour se passer des nouvelles locales, des « Inside Joke », des tubes, ou d’autres sortes d’infos ou de contenus intéressants relatifs entre autres, à des évènements sportifs, des (non) conférences technologiques, ou encore le quotidien de chacun.

Percevant une occasion d’améliorer certaines conditions socio-technologiques, j’ouvre dans la même période le site kpakpatoya.com. Au début c'était juste un flux des tweets du fil #kpakpatoya + quelques extras, notamment un condensé de l'actualité locale (ivoirienne) et internationale en temps réel. Puis j’ai essayé avec plus ou moins de succès de proposer quelques applications telles que des forums de discussions, le blog et la possibilité de tweeter directement depuis le site. J’avais aussi ouvert le compte Twitter @kpakpatoya et initié la conception de l’application mobile, qui continuent de présenter l’actualité tout comme la page Facebook et le site web. 

C’est dans cette forme d’écosystème que le hashtag #Kpakpatoya montait en popularité, à travers une combinaison de compétences techniques et sociales. En suivant le fil #kpakpatoya, même pour un nouveau venu, il était facile de retrouver les sympathisants de la culture ivoirienne, leur actualité, ainsi que les thèmes locaux les plus populaires.

3 ans plus tard, la scène Web ivoirienne se présente sous une forme complètement différente…

D’une part, cette communauté virtuelle s’est beaucoup élargie, ce qui est une très bonne chose, puisqu’il y a beaucoup plus de contenu, de projets web, d’entrepreneurs web, de blogueurs, d’utilisateurs, etc. Sauf qu’un simple hashtag ne suffit plus pour une exploration efficace du contenu. Ce ne serait pas pratique de tous communiquer autour d’un seul hashtag. Bien évidemment, il y a toujours l’option de « décomposer », d’utiliser les hashtags alternatifs qui ont émergé entre-temps (même si #Kpakpatoya demeure l’un des tags les plus populaires). C’est une bonne solution, à condition d’être constamment informé des nouveaux utilisateurs et tags à suivre pour ne pas se perdre dans tout ce volume de contenu et ne pas manquer l’essentiel de l’information récente.

D’autre part, il y a eu très peu d’évolution par rapport à #Kpakpatoya, peu d’efforts que ce soit sur les plans de la technologie, de l’infographie, de la communication, des infrastructures, etc. La page Facebook a moins de 2000 fans, la page Twitter a autour de 8000 followers, l’application mobile est obsolète, et jusque récemment, les composants du site web qui avaient pas mal de succès dans les premiers mois ont été quasiment délaissés (je t’épargne les chiffres relatifs à la baisse du trafic web). Il n’y a presque pas de contributeurs à l’avancée du projet, plus que des utilisateurs. Ce qui aurait pu être un projet communautaire décent est passé à un état latent. 

C’est vrai que la formation de la communauté s’est faite de manière assez organique, il n’y avait aucune stratégie concrète, tout s’est passé progressivement et naturellement, ce qui explique peut-être la décontraction après que l’effet de buzz soit passé, chacun étant préoccupé par ses projets personnels. J’avoue que les applications que j’avais écrites dans le cadre de ce projet étaient quasiment passées en mode maintenance et que j’étais moi-même passé à d’autres choses. Faut-il aussi avouer que j’ai supposé que je n’étais pas seul, que d’autres auraient pu compenser, juste pour finalement noter cette quasi-absence d’évolution ?

Un homme sage a dit un jour : s’il y a quelque chose de potentiellement intéressant et que tu ne comprends pas pourquoi personne ne le fait, c’est parce que toi-même tu ne l’as pas fait. That’s DIY : Do It Yourself.

Je reprends donc la direction du projet afin d’essayer de produire quelque chose d’utile. Ces dernières semaines, avec mon équipe, nous avons procédé à quelques rénovations, essayant de produire une plateforme plus interactive (si possible avec valeur ajoutée) pour faciliter la gestion du contenu, les rencontres et les échanges au sein de la communauté.


3.     Description

Kpakpatoya est propulsé par Evasium, une petite équipe de geeks. Nous construisons des logiciels, notamment des applications Web orientées vers le divertissement et la formation intellectuelle.

Sur Kpakpatoya, on discute un peu de tout, mais les thèmes les plus sollicités sont les suivants : Affairages, Clash, Eco-Politique, Culture, Insolite, Babi Actus, Afrique, Sport, Diaspora.

Au delà de la possibilité de lire les actualités, il s’agit maintenant d’ajouter une touche d’interactivité, ou chacun peut proposer des liens, discuter/commenter et liker les notes existantes. Un Kiff est un vote positif (comme un "j'aime", un "+1") pour une note. Un Zap, c'est l'inverse, c'est un vote négatif pour une note. Tout utilisateur de Kpakpatoya peut kiffer ou zapper une note, et puisque le score de la note dépend de la différence entre ses kiffs et ses zaps, chaque vote aide à établir la position de la note dans le classement de Kpakpatoya. Les notes pourraient donc être listées par ordre de popularité, pour permettre aux prochains visiteurs de voir l’essentiel.

Rien de bien complexe, juste un système de partage comme on en trouve un peu partout sur le Web. Par exemple, les entreprenerds ont Hacker News, les Américains ont Reddit, les Français ont tapemoi.com. Le concept existe déjà depuis un moment, c’est juste qu’il n’y a pas de version Ivoirienne/Africaine.

Kpakpatoya est disponible dans 2 langues.

En Français :

https://kpakpatoya.com/?lang=fr
https://www.facebook.com/Kpakpatoya
https://twitter.com/kpakpatoya

En Anglais:

https://kpakpatoya.com/?lang=en
https://www.facebook.com/KpakpatoyaNews
https://twitter.com/kpakpatoyanews

Kpakpatoya pourrait devenir une référence en matière d’actualité et d’ «affairages» pour les internautes ivoiriens (ou pas). Mais ce n’est pas ça l’objectif principal. L’objectif actuel est de proposer un outil utile pour étendre les options de partage de contenu local et de suspendre la pause de Kpakpatoya qui n’a que trop duré.

Sur une note plus personnelle, je pense qu’il faut plutôt voir ce projet comme une expérience qui pourrait contribuer à optimiser la visibilité des contenus africains en général et ivoiriens en particulier.
Pour avoir géré le site web, le compte Facebook et le compte Twitter de Kpakpatoya sur ces 3 dernières années, il me semble que beaucoup de followers réclament une meilleure interaction et recherchent une meilleure visibilité pour leur contenu, à savoir leurs projets, liens postés, ou simples avis et commentaires. Il est donc possible que cette version du site réponde à leurs attentes.

Il y a encore beaucoup de choses qu’on pourrait ajouter ou améliorer, on pourra le faire au fur et à mesure en tenant compte des feedbacks, mais le prototype de cette nouvelle version est relativement stable, et ce qu’il faut maintenant c’est l’essayer. C’est-à-dire y créer ton compte, y tester les différentes formes d’interaction, apporter ton feedback et partager le lien avec tes contacts pour qu’ils puissent en faire de même.

À toi de jouer.

  

Necemon Yai

Project Manager à Evasium

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